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The place to BIM

Dossiers | 15.11.2021

L’interopérabilité totale des données se met au service de la transition environnementale

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S’il permet d’optimiser la gestion d’un projet constructif, le BIM génère, selon les pratiques actuelles, l’échange et le traitement d’importants volumes de données informatiques. Comme il oblige à démultiplier le nombre de maquettes, en autant d’acteurs et de phases, un projet peut se décliner en plus de 100 maquettes à s’échanger sur le cycle conception-réalisation sans compter le poids non négligeable des objets géométriques 3D. A l’heure actuelle la majorité des acteurs du BIM travaillent avec des logiciels utilisant des formats géométriques généralement « natifs » pour la donnée d’entrée. Chaque intervenant charge la maquette IFC dans son logiciel métier quand il ne la produit pas lui-même. Puis il renseigne cette maquette avec ses propres données formatées via l’interface de son logiciel ou l’utilisation d’objets préformatés en format natif géométrique. Le BIM manager collecte un ensemble de maquettes contenant chacune ses propres objets. Cette approche impose d’échanger un volume considérable de données ce qui tend à accentuer l’impact environnemental du bâtiment qui est déjà l’un des principaux producteurs (avec une part de 25%) des émissions de gaz à effet de serre (GES). Des efforts très importants vont donc devoir être engagés à tous les niveaux de la filière si on veut atteindre la neutralité carbone. Le « poids environnemental » que représentent les échanges numériques doit aussi être pris en compte dans cette analyse puisque le plan gouvernemental BIM 2022 vise la généralisation du processus BIM.

 

Dans cette perspective « ALLIANCE DU BATIMENT » prône une autre approche beaucoup plus « agile » dans laquelle les acteurs d’un projet se mettent d’accord sur la structuration des objets et adoptent un langage commun, ouvert et libre d’usage permettant l'interopérabilité totale des données. Grâce au format Open dthX, indépendant des logiciels utilisés, chacun peut travailler dans sa spécialité avec son propre logiciel métier en interaction avec la maquette, réduisant ainsi les échanges de maquettes dont la définition géométrique représente le poids principal. Il n’y a plus qu’une seule maquette IFC (dans le cloud) renseignée par tous les métiers avec leurs données au format ouvert. Le poids unitaire des objets ainsi échangés diminue fortement. Une géométrie qui porte des propriétés représente en moyenne 1300 KO, un jeu de propriétés structurées au format Open dthX moins de 20 KO. Finalement l’échange et le traitement de données structurées permet de réduire d'un facteur > 50, en moyenne le poids des objets échangés ! Un résultat qui, en sus d’une plus grande efficience, doit inciter les acteurs du BIM à considérer cette nouvelle approche.

 

 

 *ALLIANCE DU BATIMENT interviendra sur cette thématique le 30/11/2021 lors du prochain Green Tech Forum, l'événement professionnel dédié à la réduction de l'empreinte environnementale du numérique. http://www.alliance-batiment.org

** https://www.insee.fr/fr/statistiques/4238589?sommaire=4238635 

L’empreinte énergétique directe du numérique augmente de 9 % par an. La part du numérique dans la consommation finale d’énergie (elle-même en croissance de 1,5 % par an) augmenterait ainsi de presque 70 % entre 2013 et 2020. L’évolution des émissions de gaz à effet de serre (GES) suit cette tendance : 2,5 % du total des émissions mondiales en 2013, 3,7 % en 2017. Ces évolutions s’expliquent principalement par l’essor du smartphone et l’explosion du trafic de données, estimée à + 25 % par an dans les réseaux et à + 35 % par an dans les datacenters, données qu’il faut de plus stocker.